QuotaClimat

665 fake news climatiques propagées à la télévision et à la radio françaises en 2025

L’Observatoire des médias sur l’écologie, porté par un consortium de 8 acteurs*, dont QuotaClimat, dévoile le bilan 2025 de la couverture des enjeux environnementaux à la télévision et radio françaises. Côté désinformation climatique, si le phénomène a reculé au dernier trimestre par rapport au début d’année – faute de débat majeur sur les politiques publiques environnementales -, 665 fake news ont tout de même été propagées dans les médias audiovisuels (13 en moyenne par semaine). Les sujets les plus ciblés : les énergies renouvelables et les voitures électriques.

Depuis début 2025, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) mesure la désinformation climatique à la télévision et radio en France (consulter la méthodologie).

S’appuyant sur ces données, QuotaClimat, Science Feedback et Data for Good ont publié un rapport en octobre dernier analysant les huit premiers mois de l’année. Résultat : 529 fake news ont été recensées et 19 narratifs de désinformation identifiés.

Ce 5 février, l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie publie son bilan 2025. L’ensemble des données permettent de conclure que :

  • Les plus gros pics de désinformation climatique ont eu lieu en juin et juillet (133 et 139 cas de mésinformation respectivement), dans un contexte marqué par les débats sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie, la première canicule estivale et le second vote sur les Zones à Faibles Émissions (ZFE).
  • Les mois de mai et septembre ont également été touchés par la désinformation, dans le cadre du premier vote sur les ZFE et le discours de Donald Trump à l’Assemblée générale des Nations unies. Les cas de mésinformation ont diminué entre septembre et décembre, en raison d’une absence de de débat majeur sur les politiques publiques environnementales.
  • Les médias les plus proactifs en termes de désinformation climatique sont toujours (par ordre croissant) : Sud Radio (1 fake news toutes les heures d’information sur le climat), CNews (1 fake news toutes les 35 minutes d’information sur le climat), RMC et Europe 1.

Pour la plupart de ces médias, le nombre de cas de fake news a diminué durant les 4 derniers mois de l’année par rapport à janvier-août, à l’exception de Sud Radio.

  • La majorité des fake news ou cas de mésinformation se rattachent à l’un des 19 narratifs de désinformation identifiés en début d’année. Aucun nouveau narratif saillant n’est apparu durant les 4 derniers mois.
  • Les narratifs les plus récurrents ciblent toujours les énergies renouvelables variables. Le “top 3” reste :
  • le faux lien entre capacités de production des énergies renouvelables et augmentation des prix de l’électricité ;
  • le soutien public aux renouvelables, avec des chiffres erronés et la prétendue répercussion de ce soutien public sur la facture d’électricité ;
  • leur supposée inefficacité en tant que source de production électrique et des affirmations erronées sur leur rentabilité.
  • Les narratifs liés à l’automobile présent tout le long de l’année, percent à nouveau entre septembre et décembre, dans un contexte de renoncement de l’Union européenne à l’interdiction des véhicules thermiques à horizon 2035 :
  • “les voitures électriques polluent plus que les voitures thermiques ou hybrides” ;
  • “les véhicules thermiques ne constituent pas un problème climatique”.
  • Les locuteurs ayant prononcé les cas de mésinformation climatique sont : à 32% d’invités, à 24% d’invités politiques et à 20 % de journalistes (de septembre à décembre, 80% de ces cas sont recensés exclusivement sur CNews et Europe 1, un constat pour le moins inquiétant). Viennent ensuite les chroniqueurs et les auditeurs.

“ Pour la première fois en France, la désinformation climatique dans les médias audiovisuels est mesurée et analysée sur une année complète. Une démarche précieuse qui permettra de suivre, l’évolution de ce phénomène inquiétant, en pleine expansion à l’échelle mondiale. Alors que l’Union européenne et la France viennent de signer la Déclaration mondiale pour l’intégrité de l’information sur le climat, nous pourrons désormais nous appuyer sur les données de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie pour analyser si les engagements pris dans ce cadre se traduisent réellement dans les faits.”

Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat.

En 2026, l’OME s’élargit à la presse écrite et à la publicité

A partir de fin février, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie mesurera la couverture des enjeux environnementaux dans les principaux titres de la presse quotidienne et régionale, des magazines d’information généralistes et sur certains sites d’information . 

Le lancement de ce nouveau volet aura lieu le 26 février au Théâtre de la Concorde dans le cadre d’un événement grand public.

En 2026 également, l’OMÉ explorera les méthodes pour analyser les discours publicitaires et détecter le greenwashing à proximité des programmes d’information.

*L’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) est porté par : Climat Médias, Data for Good, Eleven Strategy, Expertises Climat, Mediatree, QuotaClimat, Éclaircies et Science Feedback.

NOS AUTRES ACTUALITÉS