Des pics de désinformation se sont produits à trois moments précis : la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie, le blocage du détroit d’Ormuz et les vagues de chaleur successives qui ont marqué l’été. Les médias qui recensent le plus de cas sont à nouveau : Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC. A quelques mois de l’élection présidentielle, QuotaClimat appelle les médias à mettre en œuvre des remparts contre la désinformation climatique et le gouvernement à publier un plan national sur l’intégrité de l’information ambitieux.
17 cas de mésinformation climatique en moyenne par semaine
452 cas de mésinformation climatique ont été détectés par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie dans les médias audiovisuels français, soit une moyenne de 17 cas par semaine entre le 5 janvier et le 30 juin.
Ce chiffre représente une hausse de 28 % par rapport au premier semestre 2025, qui comptabilisait 353 cas.
Comme c’était le cas en 2025, ce sont les événements climatiques extrêmes ainsi que les événements politiques ou géopolitiques qui ont suscité de pics de désinformation :
- La publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie durant la deuxième semaine de février a donné lieu à la réapparition de narratifs déjà existants comme “les énergies renouvelables sont inutiles en raison de leur intermittence” (infondé) ou encore “les énergies renouvelables font exploser le prix de l’électricité” (trompeur).
- Le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse du prix du pétrole ont ravivé le débat sur les potentielles ressources en pétrole et en gaz de schiste du sous-sol français et sur la loi Hulot de 2017 qui encadre leur exploitation, donnant lieu à un pic de cas de mésinformation. En effet, si les réserves de pétrole en France sont documentées, elles sont aujourd’hui insuffisantes pour parler d’indépendance énergétique comme suggéré par plusieurs personnalités politiques et médiatiques (consulter l’article de Science Feedback).
- 42 % des cas ont été recensés pendant la vague de chaleur de fin mai et courant juin. Il s’agit respectivement de la troisième et de la deuxième semaine enregistrant le plus grand nombre de cas depuis le lancement de l’Observatoire (le record restant celui de la semaine du 30 juin 2025, marquée par la première canicule estivale). Des discours ont en effet émergé dans certains médias cherchant à relativiser l’intensité ou la fréquence de ces épisodes, malgré les données scientifiques disponibles :
« Il ne faut pas non plus, sur la base de ces fortes chaleurs, qui sont des phénomènes météorologiques, en déduire des conclusions climatiques. » Raphaël Stainville, journaliste pour Le JDD, sur CNews, le 2026-05-27 13:14:00
« On ne va pas atteindre 44 à Paris, à Paris ça sera moins qu’en 2019. Donc on ne peut pas dire que c’est nouveau et qu’on n’a jamais vu ça, ce n’est pas vrai. Et n’oubliez pas qu’en 1976 c’était incroyable aussi. » Luc Ferry, chroniqueur et éditorialiste chez LCI, sur LCI, le 2026-06-21 20:40:00
L’environnement n’existe médiatiquement que lorsqu’un événement l’impose
Le premier semestre 2026 a battu à la fois le record haut et le record bas de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie entre janvier et mars : la couverture environnementale est tombée à 2,8 % du temps d’antenne en mars (en pleine campagne pour les élections municipales), puis a atteint 19 % la semaine du 22 juin, lorsque la France traversait son deuxième épisode caniculaire.
Cependant, après chaque épisode caniculaire, l’intérêt médiatique retombe dès la semaine suivante, au détriment d’un traitement de fond, dans la durée, des enjeux d’atténuation et d’adaptation.
Point positif : la place accordée à l’adaptation au changement climatique a fortement progressé, passant de seulement 20 % des séquences en 2023 à près de 50 % lors du deuxième épisode caniculaire de 2026.
Par ailleurs, les médias lient de mieux en mieux les canicules au climat, mais de moins en moins le climat aux énergies fossiles :
- la mention explicite du changement climatique lors des canicules atteint 42 %, contre 33 % en 2023.
- la part des séquences évoquant les causes (énergies fossiles, émissions de gaz à effet de serre…) a été divisée par deux entre les deux canicules de 2026, passant de 14 % à 7 %.

Découvrez le bilan complet de l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (OME)
Plusieurs temps forts ont marqué ce premier semestre 2026 : les élections municipales, la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie et deux épisodes de vague de chaleur précoces. Quel impact ces événements ont-ils eu sur la couverture médiatique des enjeux environnementaux ? L’Observatoire des Médias sur l’Écologie livre son analyse.
À quelques mois de la présidentielle, l’état actuel de la couverture médiatique appelle à un sursaut
L’Observatoire des Médias sur l’Écologie met en lumière des baisses historiques de la couverture environnementale à des moments qui façonnent les priorités politiques : après les épisodes de canicule et pendant les élections municipales.
“Une telle mise à l’écart de l’environnement ne peut se reproduire à l’approche de l’élection présidentielle. Nous appelons les médias à rehausser l’intérêt médiatique, à renforcer leur vigilance face aux récits récurrents de désinformation et à interpeller les candidats sur leurs propositions en matière environnementale.”, souligne Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat.
Cette exigence concerne également les pouvoirs publics. Fin septembre, le Gouvernement doit publier son plan national pour l’accès à l’information sur l’environnement et le climat. QuotaClimat a rendu publique sa contribution afin d’identifier les mesures prioritaires.
“Cette opportunité ne doit pas être manquée. Pour être à la hauteur de l’enjeu, ce plan devra être porté au plus haut niveau de l’État, bénéficier de moyens à la hauteur des ambitions affichées et s’inscrire dans la durée.” Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat.
