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QuotaClimat saisit le Conseil d’État pour désinformation climatique sur CNews

QuotaClimat a déposé ce jour un recours devant le Conseil d’État suite au refus de l’Arcom de mettre en demeure CNews pour diffusion de propos climatosceptiques non contredits. Nous demandons à la plus haute juridiction administrative de constater que CNews a manqué à certaines de ses obligations et d’enjoindre l’Arcom à reconsidérer sa décision, alors même que l’autorité de régulation a déjà sanctionné financièrement un cas similaire sur la même chaîne.

Propos climatosceptiques sans contradiction : un manquement aux obligations de la chaîne

Le 22 novembre 2025, dans l’émission Face à Michel Onfray sur CNews, le chroniqueur (Michel Onfray) déclare :

“Alors tout le monde est dans le réchauffement climatique à cause des Hommes, etc., ça c’est une chose. Une autre chose est que l’astrophysique nous enseigne qu’il y a un réchauffement climatique qui est dû à ce qu’on appelle les plurivers, les multivers, les interactions entre les univers, mais pour ça il faut faire un peu d’astrophysique.”

Ces propos remettent en cause l’origine humaine du réchauffement climatique, faisant pourtant l’objet d’un consensus scientifique.

Sur le plateau, aucun élément de contextualisation, de contradiction ou de rectification n’est alors apporté. Cette séquence constitue un double manquement : une atteinte à l’exigence d’honnêteté de l’information de la part de CNews*, ainsi qu’une perte de la maîtrise d’antenne**.

Sur la base de ces manquements, QuotaClimat a saisi l’Arcom le 26 novembre dernier.

Un rejet incompréhensible après une sanction historique pour désinformation climatique

N’ayant reçu aucune réponse à sa saisine initiale, QuotaClimat a déposé un recours gracieux auprès de l’autorité le 11 mars 2026. Par une décision du 1er juillet 2026, l’Arcom rejette cette demande.

Pour QuotaClimat, cette décision est incompréhensible, alors même qu’en 2024, l’Arcom avait déjà sanctionné financièrement CNews pour une séquence similaire, à hauteur de 20 000€. Une décision historique contestée par CNews, mais confirmée par le Conseil d’Etat le 6 novembre 2025. Cette base de jurisprudence a depuis inspiré d’autres autorités de régulations en Europe, comme l’OFCOM en Angleterre.

L’intervention de l’Arcom est d’autant plus nécessaire que ces manquements ne sont pas isolés. Parmi les 665 cas de mésinformation climatique recensés en 2025, 174 concernent CNews (source : Observatoire des Médias sur l’Ecologie).

Cette séquence est révélatrice de la responsabilité éditoriale de la chaîne. Michel Onfray n’y intervenait pas comme simple invité, mais comme animateur et figure centrale d’une émission hebdomadaire portant son nom. C’est un phénomène récurrent sur la chaîne : 57% des cas de mésinformation climatique identifiés sur CNews l’année dernière ont été diffusés par des journalistes ou des chroniqueurs réguliers.

Par ailleurs, ce 27 juin, les mêmes propos ont à nouveau été tenus par Michel Onfray dans la même émission, sans aucune contradiction :

“On est très anthropocentrés (…). Je rappelle que la planète est dans une configuration d’univers, qui eux mêmes sont dans une configuration de plurivers et qu’il y a des interactions qu’on ne connaît pas (…). A l’époque il n’y avait ni mobylette, ni avion, ni train, il y avait une démographie minimale et il y avait des périodes de réchauffement de la planète”.

“L’Arcom avait été la première autorité de régulation au monde à sanctionner financièrement la désinformation climatique. Il est essentiel qu’elle continue à se positionner sur le sujet. La décision du Conseil d’Etat pourrait marquer un nouveau tournant dans la régulation de la désinformation climatique, mais il y a urgence.” Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat

À quelques mois de la présidentielle, il s’agit d’un enjeu démocratique 

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, cette affaire dépasse le seul cas de CNews. Elle pose une question centrale : celle de la capacité du régulateur à réguler là où les manquements se multiplient.

“Il faut que les chaînes prennent conscience que l’état actuel du droit ne leur permet pas de laisser prospérer des propos climatosceptiques sur leur antenne sans y apporter la moindre contradiction.” Thomas Chevandier, avocat à la Cour.

Rappel des étapes de la procédure

22 novembre 2025
: diffusion de la séquence sur CNews ;
25 novembre 2025 : saisine de l’Arcom par QuotaClimat ;
11 mars 2026 : dépôt d’un recours gracieux auprès de l’Arcom ;
1er juillet 2026 : rejet de la saisine de la part de l’Arcom. QuotaClimat saisit le Conseil d’État.

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  • * En contrariété avec l’article 1er de la délibération du CSA du 18 avril 2018 imposant aux éditeurs de faire « preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information » et avec l’article 2-3-7 de la convention du 27 novembre 2019 conclue entre le CSA et l’éditeur (“L’exigence d’honnêteté s’applique à l’ensemble des programmes. Le titulaire s’engage à respecter la délibération du Conseil supérieur de l’audiovisuel relative à l’honnêteté et à l’indépendance de l’information et des programmes qui y concourent”).
  • ** Contraire à l’article 2-2-1 de la convention précitée du 27 novembre 2019 (“L’éditeur est responsable du contenu des émissions qu’il diffuse. Il conserve en toutes circonstances la maîtrise de son antenne.”)