Le Baromètre Belge de l’Information Environnementale a été officiellement ce lundi 26 janvier, avec la présentation de ses premiers résultats. Inspiré de l’Observatoire des médias sur l’écologie français, ce projet a été initié par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et le Service Public Fédéral Santé (SPF). Courant 2026, il sera élargi à l’ensemble du territoire belge sous l’impulsion du Ministre fédéral de l’Environnement, Jean-Luc Crucke. Mis en œuvre par l’association QuotaClimat, ce Baromètre marque une avancée majeure dans la mesure et la compréhension du traitement médiatique des enjeux environnementaux en Belgique.
Un outil inédit pour mesurer, comprendre et améliorer
Le Baromètre Belge de l’Information Environnementale a pour objectifs :
- d’analyser quantitativement et qualitativement le traitement médiatique des enjeux environnementaux dans les programmes d’information audiovisuels, au nord et au sud du pays ;
- d’identifier et mieux comprendre les phénomènes de mésinformation et de désinformation climatique ;
- d’engager un dialogue structuré avec les médias afin d’identifier des bonnes pratiques et des pistes d’amélioration, dans une logique de co-construction.
À terme, le Baromètre sera élargi à la presse écrite et aux réseaux sociaux, afin d’offrir une vision globale de l’écosystème informationnel.
Premiers résultats : une couverture perfectible, mais structurante
Les premiers résultats présentés portent sur 15 mois de programmes d’information télévisés francophones (La Une, La Trois, RTL-TVI, LN24 et Trends Z). Plusieurs constats structurants émergent :
- une couverture environnementale encore fortement dépendante de l’actualité, avec des pics lors d’événements extrêmes ou des COP ;
- une bonne contextualisation des événements climatiques, notamment une mise en lien plus fréquente qu’en France entre phénomènes météorologiques extrêmes et changement climatique (le ratio mentions “climatique” / “canicule” est près de sept fois plus élevé qu’en France pour les canicules de 2025) ;
- une couverture des sujets climat/biodiversité moins silotée qu’en France : la couverture biodiversité (2,2% en moyenne) reste proche de celle du climat (2,6% en moyenne, soit 20% de plus que la biodiversité contre 45% en France)
- un équilibre entre conséquences, solutions et causes : en août 2025, environ 30 % des mentions climatiques concernent les conséquences (canicules). Cette hausse ne réduit pas l’espace dédié aux solutions.
- des écarts notables entre chaînes : LN24 couvre très peu les enjeux environnementaux, comme les chaînes d’information françaises. Trends Z consacre une part importante à l’environnement et à la transition (>7%), reflétant le lien environnement-économie
- de fortes disparités sectorielles, certains secteurs clés comme le logement restant largement sous-représentés (5 %), malgré leur poids réel dans les émissions de gaz à effet de serre. Le débat médiatique reste centré sur l’énergie (37%), et dans une moindre mesure le transport et la mobilité (24%).
Des résultats couvrant l’ensemble du paysage audiovisuel belge, francophone et néerlandophone, seront publiés en milieu d’année. Ils seront complétés par des analyses sur la désinformation climatique et par des concertations régulières avec les acteurs des médias.
Une ambition européenne pour l’intégrité de l’information
Le déploiement de ce Baromètre s’inscrit dans une dynamique plus large : l’Union européenne vient de signer la Déclaration pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique lancée à la COP30. Elle incite notamment chaque pays à mettre en œuvre un plan d’action national.
Il y a urgence : la crise écologique s’accélère et la désinformation climatique se normalise, alors même qu’elle est identifiée comme un risque stratégique pour la démocratie et pour la prise de décision fondée sur la science.
« Lancé il y a un an et demi en France, l’Observatoire des médias sur l’écologie s’est imposé comme un outil unique pour mesurer l’ampleur de la désinformation et dresser un état des lieux des facteurs qui la freinent ou, au contraire, la favorisent dans l’écosystème médiatique. Son déploiement dans plusieurs pays constitue une première étape vers une réponse à la fois européenne et nationale à ce phénomène. Après la Belgique, l’outil sera lancé dans les prochains mois en Allemagne, en Pologne et en Espagne. »
Louna Wemaere, responsable du plaidoyer européen chez QuotaClimat.
