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Le Baromètre Belge de l’Information Environnementale déployé par QuotaClimat livre ses premiers résultats au niveau national

Basé sur l’analyse de 26 chaînes de télévision et de radio belges, le Baromètre belge de l’information environnementale (BBIE) dresse, pour la première fois, un état des lieux national du traitement médiatique des enjeux environnementaux. Ces résultats révèlent une couverture encore largement rythmée par l’actualité immédiate et les événements climatiques extrêmes. Ils mettent également en lumière les différences de traitement entre médias, ainsi qu’une série de forces et de limites de la couverture du climat et de la biodiversité en Belgique.

Analyse de la couverture médiatique des
thèmes environnementaux dans les
médias audiovisuels belges

Résultats préliminaires – Septembre 2026

Un Baromètre pour soutenir l’intégrité de l’information environnementale en Belgique

Inspiré de l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie français, ce baromètre vise à mesurer la couverture médiatique des enjeux environnementaux dans les médias audiovisuels belges. À terme, le projet étendra son champ d’analyse à la presse écrite, aux médias numériques et aux réseaux sociaux afin d’offrir une vision plus complète de l’écosystème informationnel belge.

Déployé en janvier dernier pour la Belgique francophone à l’initiative du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et du Service Public Fédéral Santé (SPF), il est désormais élargi à l’ensemble du territoire belge sous l’impulsion du Ministre fédéral de l’Environnement, Jean-Luc Crucke. 

Ce jeudi 16 septembre, les premiers résultats nationaux ont été présentés à Bruxelles auprès d’une soixantaine de médias, journalistes, experts de l’environnement, chercheurs, membre de la société civile et institutionnels.

Une couverture encore largement rythmée par l’actualité immédiate et les événements climatiques extrêmes

Les premiers résultats portent sur 6 mois (février à juillet) de programmes d’information de 26 chaînes de télévision et de radio du Nord et du Sud de la Belgique. Plusieurs constats émergent :

  • L’environnement peine encore à s’imposer durablement dans les médias hors des événements climatiques extrêmes (incendies, canicules) qui saturent l’espace médiatique (+141% de temps d’antenne en juin-juillet par rapport au début de l’année dans les médias francophones et +81 % dans les médias néerlandophones).
  • Les sujets liés au climat restent les plus couverts, suivis par la couverture des enjeux de biodiversité. Les sujets liés à la crise des ressources naturelles sont moins médiatisés.
  • La couverture des enjeux médiatiques est en moyenne plus élevée dans les médias francophones (5,1% du temps d’antenne) que néerlandophones (2,1 % du temps d’antenne), à la télévision qu’à la radio, et dans les chaînes publiques que privées.
  • Les médias régionaux francophones ont une couverture structurellement plus élevée que les médias nationaux, notamment sur les sujets de biodiversité locaux qu’ils contribuent à médiatiser.
  • La crise climatique est traitée de manière équilibrée dans l’ensemble : le contexte du changement climatique est souvent mentionné même lors des canicules, et les solutions sont mises en avant en règle générale. C’est moins le cas lors d’événements extrêmes comme les vagues de chaleur qui peuvent saturer l’espace, particulièrement parmi les médias néerlandophones.
  • Une représentation parfois simplifiée des causes et des solutions de la crise climatique
    • les secteurs de l’industrie et de la construction sont sous-représentés dans l’évocation des causes du changement climatique par rapport à leurs niveaux d’émission de GES. 
    • lors des vagues de chaleur, le débat s’est polarisé autour de la climatisation qui représente la quasi-totalité des solutions mentionnées au détriment d’autres solutions recommandées par les scientifiques comme l’isolation des bâtiments et la végétalisation des villes.
  • Une crise de la biodiversité méconnue et traitée de façon généraliste : la crise de la biodiversité est avant tout traitée via des termes génériques et descriptifs. Ses conséquences, méconnues du grand public, sont invisibilisées et apparaissent moins de 5% du temps.

« Une démocratie solide ne repose pas uniquement sur des institutions fortes. Elle repose aussi sur des citoyens correctement informés. Le Baromètre belge de l’information environnementale n’a pas vocation à juger le travail des médias, mais à mieux comprendre comment se construit le débat public sur les enjeux climatiques et environnementaux. Parce qu’une transition ne se décrète pas : elle s’explique, se discute et se construit collectivement. »

Jean-Luc Crucke, Ministre fédéral du Climat et de la Transition environnementale

« Les données de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie ont permis, en France, de donner aux médias des repères pour faire évoluer leurs pratiques et de fournir aux décideurs les données nécessaires pour améliorer l’intégrité de l’information environnementale. Son déploiement dans d’autres pays permet désormais de partager une même méthode, de mobiliser les acteurs nationaux et de faire émerger une réponse à la hauteur des enjeux, à la fois nationale et européenne. »

Arnaud Benoits, responsable des projets Data chez QuotaClimat