Le 5 octobre, QuotaClimat a saisi l’Arcom pour signaler des manquements de CNews aux exigences de pluralisme des courants de pensée et d’opinion et d’honnêteté de l’information. Ces manquements ont été documentés dans une étude menée avec Théodore Tallent, co-directeur de l’Observatoire de la transformation écologique de la Fondation Jean-Jaurès, à partir de l’analyse d’un mois de séquences consacrées à l’environnement. Alors que CNews conteste les conclusions de cette étude dans un communiqué, QuotaClimat répond aux arguments avancés par la chaîne.
Premièrement, CNews défend que “l’étude est fondée sur un périmètre limité et des choix méthodologiques discutables”.
Cependant, chaque mois, les chaînes de télévision sont tenues de respecter leurs obligations en matière de pluralisme et, au quotidien, de veiller à la rigueur de l’information.
Par ailleurs, l’analyse portée sur le mois de juillet 2025 est représentative de la couverture des sujets environnementaux de la chaîne pour plusieurs raisons.
D’une part, la période d’un mois correspond à celle retenue par l’Arcom dans sa délibération, qui prévoit que l’appréciation du pluralisme interne s’effectue sur une période d’un mois s’agissant des chaînes d’information en continu.
D’autre part, le volume particulièrement important de séquences diffusées en juillet permettait de constituer un corpus suffisamment large pour assurer la robustesse de l’analyse. Ce choix était d’autant plus pertinent que CNews est la chaîne consacrant la plus faible part de son temps d’antenne aux enjeux environnementaux : disposer du plus grand nombre possible de séquences était donc nécessaire pour permettre des comparaisons solides.
Enfin, la période estivale se caractérise généralement par une intensification de la couverture médiatique des enjeux environnementaux, notamment en raison de la survenue plus fréquente d’événements climatiques extrêmes.
L’ensemble des biais et limites de la méthodologie, identifiés, assumés et documentés dans l’étude, permettent de conclure avec confiance à la fiabilité des résultats.
Ensuite, CNews soutient que “le respect de ces principes ne saurait se réduire à une répartition mécanique du temps d’antenne ou des prises de position.”
QuotaClimat rappelle que l’Arcom a établi cinq critères très précis pour mesurer le respect du pluralisme.
Quatre de ces cinq critères sont couverts par l’analyse de QuotaClimat et de la Fondation Jean Jaurès : la variété des sujets et thématiques abordés à l’antenne, la diversité des intervenants, l’expression d’une pluralité de points de vue et l’expression des différents points de vue dans la présentation des questions prêtant à controverse. Le cinquième, relatif au pluralisme politique, relève du décompte des temps de parole et sort du périmètre de ce rapport.
Enfin, la chaîne affirme que “les enjeux environnementaux occupent une place régulière dans les journaux, débats et magazines de CNews”.
QuotaClimat se réfère aux chiffres de l‘Observatoire des Médias sur l’Ecologie. Ils parlent d’eux-mêmes : CNews est la chaîne d’information en continu qui traite le moins les enjeux environnementaux au mois de juillet 2025, mais également sur toute l’année 2025 (11 mois sur 12).
Ces données attestent du caractère structurel de ces orientations éditoriales, révélant une sous-représentation manifeste et durable des sujets environnementaux dans les programmes.
Par ailleurs, cette faible couverture n’est pas conjoncturelle. Depuis la création de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie en 2022, CNews est la chaîne de télévision et la chaîne d’information en continu qui dédie le moins de temps d’antenne à ces questions.
Si les données de l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie concernent les programmes dédiés à l’information, pour les chaînes d’information en continu, l’ensemble des programmes entre 6h et 23h sont étudiés. L’émission “A l’écoute de la planète” ayant été créée en janvier 2026, elle ne fait pas partie du périmètre de l’étude qui concerne le mois de juillet 2025.

Invisibiliser, polariser, désinformer : la crise environnementale selon CNews
Un rapport de QuotaClimat et de la Fondation Jean Jaurès
