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Seuls 6 % des articles de presse ont parlé d’environnement en 2025

presse écrite

Ce 26 février 2026, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) élargit son champ d’analyse à la presse écrite française, quinze mois après l’audiovisuel. Ce consortium de huit structures* dévoile un outil inédit, en ligne, qui analyse en permanence le traitement des enjeux environnementaux par la presse nationale et régionale. Il ne mesure pas seulement la quantité d’articles traitant d’environnement, mais dévoile aussi la qualité de ce traitement : les articles parlent-ils des causes des bouleversements environnementaux ? De leurs conséquences sur notre société ? Et des solutions pour y faire face ? Il s’agit d’une première mondiale.

L’environnement encore peu couvert par la presse française l’année dernière, malgré un traitement plus régulier qu’en télévision et en radio

En 2025, 6 % des articles de presse ont couvert les enjeux environnementaux. C’est une moyenne :

  • Ce chiffre est de 8,1 % pour la presse nationale (presse quotidienne ou magazine) et de 4,6 % pour la presse quotidienne régionale.
  • Pour la télévision et la radio, cette moyenne est de 5 %.
  • La couverture des enjeux environnementaux par la presse écrite est plus élevée au quotidien et moins soumise à l’actualité chaude (canicules, inondations…) que dans les médias audiovisuels.
Couverture des enjeux environnementaux par la presse et les médias audiovisuels

Un traitement variable en quantité et en qualité selon les titres de presse

Sur la quantité :

  • L’Agence France-Presse joue un rôle prescripteur : elle est le premier média national en volume de production d’articles environnementaux. En proportion, elle se situe dans la moyenne des titres de la presse française, malgré la nécessité de couvrir l’ensemble de l’actualité mondiale.
  • Parmi les titres de presse nationale :
    • Ce sont les quotidiens économiques (La Tribune : 21%, Les Echos : 14%) qui couvrent le plus les questions environnementales, grâce à un traitement plus transversal – au sein de plusieurs rubriques.
    • Les titres généralistes qui ont la couverture la plus élevée sont Le Monde (10,4%), Libération (9,5%) et 20Minutes (8,8%).
    • Les titres qui en parlent le moins : Marianne (4,5 %) et le Journal du Dimanche (3,3 %).
  • En presse quotidienne régionale, la part moyenne d’articles consacrés à l’environnement est inférieure par rapport à celle des titres de presse nationale. Les titres qui se démarquent : Nice-Matin (6,7%), Var-Matin (6,2%) et Le Populaire du Centre (6,2%).
  • La couverture de la COP 30 révèle une forte asymétrie éditoriale, à la fois entre médias nationaux (Libération ayant réalisé 20 fois plus d’articles mentionnant la COP que le JDD par exemple), et entre les titres régionaux (les Hauts de France ayant bénéficié de 24 fois plus d’articles que la Bourgogne).

Sur la qualité :

La mise en contexte lors d’événements climatiques extrêmes (qui consiste à expliquer le rôle du changement climatique lors d’une canicule ou lors d’une inondation, par exemple) varie fortement entre rédactions.

Le lien avec le changement climatique est mentionné :

  • dans 50 % des cas par les principaux titres de la presse nationale (Le Monde, La Croix, L’Humanité, Le Nouvel Obs, etc.),
  • dans 20% des cas par la presse quotidienne régionale (avec des différences notables entre titres de PQR).

Le lien avec les causes du réchauffement climatique est mentionné :

  • dans plus de 30% des cas par les principaux titres de la presse nationale,
  • dans 15% des cas par la presse quotidienne régionale (avec des différences notables entre titres de PQR).

L’environnement à la Une : des choix éditoriaux contrastés, Le Monde en tête

Le Monde, La Croix et Les Échos sont les trois titres qui ont le plus souvent réservé une place de premier plan aux sujets environnementaux (à minima dans 50 % de leur Unes et dans 77% pour Le Monde).

À l’inverse, Le Point, M Magazine et Le Figaro Magazine sont ceux qui leur ont accordé le moins de visibilité : moins de 10 % de leurs Unes contenaient un article sur l’environnement en 2025.

Ces chiffres traduisent une hiérarchisation inégale de l’information, mais dépendent également en partie des formats des Unes (berlinois ou tabloïd).

L’Observatoire des Médias sur L’Ecologie : une donnée fiable, de référence et en open source, pour mesurer la couverture médiatique des enjeux environnementaux.

L’Observatoire des Médias sur l’Ecologie est coordonné par un consortium d’acteurs associatifs et privés (Data for Good, Éclaircies, Eleven strategy, Expertises Climat, Mediatree, Plus de climat dans les médias, QuotaClimat et Science Feedback).

Créé fin 2024, il a pour vocation de produire une donnée fiable, de référence et en open source, pour mesurer la couverture médiatique des enjeux environnementaux. Notre postulat : la mesure est le préalable à l’amélioration, tant en quantité qu’en qualité. Depuis 2024, l’analyse de l’audiovisuel porte ses fruits :

  • Les médias l’utilisent dans leur reporting
  • L’Arcom l’utilise pour ses analyses
  • Les journalistes s’y réfèrent pour des formations
  • Les ONG s’en servent pour mesurer le traitement de leur sujet thématique

L’Observatoire est soutenu par l’Ademe et par le dispositif « Soutenir les alternatives vertes 2 » de France 2030, opéré par la Banque des territoires (Caisse des Dépôts).

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