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Vague de chaleur : la désinformation climatique au rendez-vous

La vague de chaleur de mai 2026 n’a pas seulement battu des records météorologiques. Elle a aussi été le théâtre d’une recrudescence de narratifs de désinformation climatique dans les médias, spécialement dans les chaînes d’information en continu. Décryptage des narratifs climatosceptiques qui ont refait surface.

« La vague de chaleur n’est pas exceptionnelle. »

Pascal Praud sur CNews © Capture d’écran CNews

« C’est pas une chaleur exceptionnelle : il y a des coups de chaud, à 30 °C, comme il y en a régulièrement fin mai ou début juin. Mais vous allez voir la petite musique, sur toutes les antennes, alors qu’il a fait un mois de mai plutôt frileux ».

Pascal Praud dans l’émission l’Heure des pros 2 sur CNews, 21 mai 2026

Geoffroy Lejeune sur CNews © Capture d’écran CNews

« J’ai du mal à comprendre l’emballement tout à coup autour des vagues de chaleur qui sont pas encore au-dessus de 40 degrés non plus (…). Dans le Sud de la France, ces températures c’est vraiment quelque chose qui arrive régulièrement, les gens se sont adaptés et s’adaptent depuis très longtemps, et on n’a pas besoin de leur faire des tutoriels pour survivre en cas de forte chaleur. »

Geoffroy Lejeune, journaliste au JDD, émission Punchline sur CNews.

Ces affirmations sont fausses et dangereuses et n’ont fait l’objet d’aucune contradiction en plateau.

« Il a toujours fait chaud »

« Les seuls qui ne supportent pas sont les personnes âgées et les enfants, ça je suis d’accord, mais je pense qu’après l’épisode de froid et de pluie vieux que nous avons eu, je pense qu’on ne peut qu’être heureux. Regardez, on a subi 76 et nous sommes encore là, c’est ce que je me dis, arrêtons de faire peur aux gens, de leur dire qu’il fait trop chaud, on a eu des années très chaudes et moi ma maman m’a toujours raconté ça, qu’il faisait très chaud.« 

Une auditrice sur « Europe 1 Info » le 27 mai 2026.

L’auditrice défend ainsi que les alertes sur la chaleur constituent une dramatisation injustifiée, en s’appuyant sur des souvenirs familiaux. La journaliste valide partiellement cette affirmation en concédant « il y a eu des périodes où il a fait chaud ». Or, ces affirmations sont inexactes au regard des connaissances scientifiques établies à ce jour.

L’argument « il a toujours fait chaud » appartient par ailleurs aux 12 discours de l’inaction climatique.

La part de l’Homme dans le réchauffement climatique remise en question

« L’Homme, quelle est la part de l’Homme sur ce changement climatique ou ce dérèglement climatique que personne ne peut nier ? Quelle est la part de l’Homme ? »

Pascal Praud, CNews, L’heure des Pros, le 26 mai.

Georges Fenech sur CNews © Capture CNews

« Vous avez dit personne peut la nier, bah moi je vous dis non. Je vous dis, c’est pas une religion. Mais vous avez beaucoup de scientifiques qui n’ont pas cette opinion. Il ne faut pas jeter l’anathème sur ceux qui réfléchissent un peu autrement. On a l’impression qu’on devient un criminel contre l’existence humaine de dire « peut-être que c’est pas autant prononcé que ça. »

Georges Fenech, Magistrat et ancien député, même émission, même jour.

« La climatisation n’a pas d’impact négatif face au changement climatique, c’est une bonne solution d’adaptation. »

Julien Odoul sur France Info. © Capture d’écran France Info

« C’est à cause de ces idées, de ces lubies qui ont été injectées dans le débat public, comme quoi les climatiseurs réchauffaient la planète. Tout ça, ce sont des conneries monumentales.« 

Julien Odoul, député et porte-parole du Rassemblement National le 28 mai 2026 dans l’émission “Tout est politique” sur France Info.

Quelques jours plus tard, le 30 mai, France Info a publié un Vrai/Faux sur le sujet :

Les canicules, un terreau fertile à la désinformation

Les épisodes caniculaires et les feux de forêt sont l’un des quatre principaux moments propices à l’émergence de désinformation climatique que nous avons identifié en 2025 avec Data for Good et Science Feedback. En l’espace d’une seule semaine – celle du 30 juin, marquée par la première canicule estivale -nous avons recensé plus de cas de désinformation que pendant les trois premiers mois de l’année réunis.

La vague de chaleur de mai 2026 n’a pas fait exception. Plusieurs cas de mésinformation climatique ont émergé et en une semaine, nous avons saisi l’Arcom à 5 reprises pour propos climatosceptiques sans contradiction.

Droit à l’Info : la désinformation s’organise, nous aussi !

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, QuotaClimat et Les Surligneurs lancent Droit à l’Info, une initiative inédite pour endiguer au plus tôt les narratifs de désinformation dans le débat public.

Comme ça marche ? Lorsqu’un narratif de désinformation émerge dans les médias et sur les réseaux sociaux nous émettons des alertes notamment via une chaîne Whatsapp. En parallèle, notre centre de ressources met à disposition des réponses fiables de fact-checkers fondées sur les faits et la science pour démêler le vrai du faux.

Pour recevoir les alertes, direction le site de Droit à l’Info !