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Sur CNews, Sud Radio et Europe 1 : un cas de mésinformation toutes les 20 minutes dédiées au climat pendant la vague de chaleur de mai

Alors que la France traverse sa troisième canicule en moins de deux mois, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie a identifié 62 cas de mésinformation climatique dans les programmes d’information de 8 médias audiovisuels sur 18 analysés, du 23 au 30 mai. Les chaînes d’information en continu concentrent 60 % des cas recensés.

QuotaClimat alerte : les vagues de chaleur sont des périodes à haut risque de désinformation climatique qui peuvent être anticipés par les rédactions.

Toutes les chaînes d’information en continu concernées

Du 23 au 30 mai, 62 cas de mésinformation climatique ont été détectés sur 8 des 18 médias analysés par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie. C’est près de cinq fois plus que la moyenne hebdomadaire observée depuis le début de l’année 2025 (13 cas).

Toutes les chaînes d’information en continu sont concernées, regroupant 60% des cas de la semaine, ainsi que 3 radios généralistes qui cumulent 40% des cas de la semaine.

Ramené au temps d’antenne alloué aux sujets climatiques, 3 chaînes se dégagent avec plus d’un cas de mésinformation toutes les 20 minutes d’information sur le climat : CNews, SudRadio et Europe 1. Ces trois médias (avec RMC) font partie des relais proactifs de désinformation climatique identifiés par QuotaClimat, Data for Good et Science Feedback en 2025.

Les cas identifiés se concentrent autour des narratifs suivants : 

  • “La vague de chaleur ne serait pas exceptionnelle et son lien avec le réchauffement climatique ne serait pas avéré”, remettant parfois en question les études scientifiques et l’intégrité de leurs auteurs.
  • “La France ne pèse rien dans les émissions mondiales donc ses efforts sont inutiles”.
  • “La climatisation n’a aucun impact négatif sur l’environnement et c’est une bonne solution d’adaptation”.

Les canicules rendent le réchauffement climatique plus tangible. Pourtant, elles sont aussi le théâtre d’une recrudescence de la désinformation sur les moyens d’y faire face, notamment :

  • “Les énergies renouvelables sont inefficaces en raison de leur intermittence.”
  • “La voiture électrique pollue plus que la voiture thermique ou hybride.”
  • “Les ZFE ne produisent aucun effet écologique notable.”

Sur CNews et Europe1 presque la moitié des cas proviennent de membres de la rédaction

L’analyse des locuteurs ayant prononcé les cas de mésinformation climatique montre que les 62 cas proviennent à :

  • 45% d’invités politiques
  • 20% de journalistes (dont 82% proviennent de CNews et Europe1)
  • 18% de chroniqueurs
  • 14% d’invités (autres)
  • 3% de l’audience (e.g. auditeurs qui appellent la radio pour intervenir)

Sur CNews et Europe 1, le nombre de cas provenant des membres de la rédaction (journalistes et chroniqueurs) est particulièrement élevé : 52 % et 45,5 % respectivement.

“Cette analyse montre un contraste saisissant : certains médias diffusent très peu de désinformation climatique, tandis que d’autres en produisent de manière quasi industrielle, y compris en dehors des périodes de canicule. Le fait qu’autant de cas recensés sur CNews et Europe 1 proviennent des journalistes et chroniqueurs eux-mêmes révèle un problème structurel au sein de ces rédactions et souligne la nécessité d’une régulation plus dissuasive.”
Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat

Pour rappel, CNews a été sanctionné financièrement pour désinformation climatique en 2025 et QuotaClimat a récemment porté un recours devant le Conseil d’Etat face au refus de l’Arcom d’agir sur une nouvelle séquence diffusée fin novembre 2025.

Les canicules et les feux de forêts, des moments propices à la désinformation 

Cette explosion de la désinformation climatique pendant un événement climatique extrême n’est pas nouveau. Lors de la première canicule estivale de 2025, QuotaClimat, Data for Good et Science Feedback avaient identifié en une seule semaine – celle du 30 juin – plus de cas de mésinformation que pendant les trois premiers mois de l’année réunis.

“Les vagues de chaleur sont désormais des périodes à haut risque de désinformation climatique et les narratifs sont connus. Ces épisodes sont amenés à se reproduire cet été. Nous appelons les rédactions à s’y préparer pour éviter de subir les effets de cadrage des acteurs hostiles à la transition et aux institutions démocratiques.”
Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat