QuotaClimat interpelle les médias sur le traitement des enjeux environnementaux, en les confrontant à leur responsabilité éditoriale.
Parce que les médias ont un pouvoir considérable : sous-information, erreurs, absence ou faiblesse de contradictoire, traitements caricaturaux ou désinformation… Ces carences influencent la manière dont les enjeux environnementaux sont compris par les décideurs et les citoyens, et ralentissent l’action politique et citoyenne.
Face à ces dérives, nous interpellons les rédactions pour faire évoluer les pratiques médiatiques. Nous mettons aussi en avant des contenus médiatiques inspirants, innovants, pour éclairer le débat et donner des clefs pour comprendre les leviers d’action collectifs nécessaires à la transition écologique et solidaire.
D’après l’Observatoire des Médias pour l’Ecologie, seulement 5 % du temps d’antenne est consacré à l’environnement.
Nous produisons des données, analyses et décryptages pour identifier les bonnes pratiques et les carences observées dans la couverture médiatique :
Quels sujets sont traités ?
Quelles informations sont absentes ?
Avec quels angles ?
Quelles affirmations fausses sont laissées sans contradiction ?
Les carences que nous diagnostiquons régulièrement sont de plusieurs ordres :
Les faits scientifiques établis et les opinions ou prises de position sont parfois présentés sur un pied d’égalité, notamment lorsque les médias mettent en débat des sujets pour lesquels il existe pourtant un consensus scientifique solide.
Les scientifiques, chercheurs et experts des sujets environnementaux restent parfois peu représentés dans les débats et émissions d’actualité, au profit de représentants d’intérêts ou de personnalités médiatiques. Cette faible présence peut limiter la capacité des publics à comprendre les mécanismes scientifiques et les données disponibles.
Des décalages peuvent apparaître entre les programmes et l’actualité, entre les images utilisées et les enjeux traités, ou encore entre les contenus éditoriaux et les contenus publicitaires. Ces incohérences peuvent brouiller le message et affaiblir sa crédibilité.
Les enjeux environnementaux sont souvent cantonnés aux rubriques et programmes spécialisés. Or, ils traversent de nombreux domaines de la vie quotidienne et devraient également être abordés sous l’angle de la santé, de l’éducation, de l’économie, de l’emploi, de l’agriculture, des transports ou encore de la politique. Cette approche transversale permettrait de mieux montrer que les transformations environnementales concernent l’ensemble de la société
Les événements liés aux crises environnementales – inondations, vagues de chaleur, incendies, sécheresses, crise de la biodiversité, etc. – sont souvent traités comme des événements isolés, sans établir un lien clair avec leurs causes et conséquences. Mieux expliciter ces chaînes de causalité permettrait de passer d’un traitement essentiellement événementiel à une meilleure compréhension des phénomènes sur le temps long.
Les médias accordent souvent davantage de place au constat des problèmes et à leurs conséquences qu’aux solutions permettant d’y répondre. Or, une information uniquement centré sur le constat des crises environnementales peut vite devenir anxiogène. Faire connaître les initiatives, les politiques publiques, les innovations et les changements de pratiques ou transformations économiques nécessaires permet de mobiliser à la fois citoyens et décideurs vers l’action.
Exemples de victoires

Sept médias ou organisations de fact-checking ont diffusé un correctif à la suite d’un article fallacieux de la BBC, rendant compte de la construction d’une autoroute pour la tenue de la COP30 au Brésil : TF1, 20 Minutes, Le Parisien, Franceinfo, Reporterre, France Inter, Les Surligneurs.

Franceinfo a publié un rectificatif suite à une intervention climatosceptique dans ses programmes.
Courrier International a modifié le titre d’un article faux suite à notre interpellation.
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